"La diplomatie ne peut plus être fondée seulement sur le 'hard power' et sur la force. Elle ne peut pas non plus être fondée seulement sur le 'soft power', le pouvoir d'influencer et de convaincre. La diplomatie doit désormais s'appuyer sur le 'building power', la bonne volonté, l'imagination et la solidarité", a déclaré le Premier ministre français et ancien ministre des Affaires étrangères, invité par le professeur Stanley Hoffmann à prononcer cette conférence sur "Etats-Unis et Europe, comment faire face à un ordre mondial en mutation".
Celui qui avait dit "non" à la guerre en Irak dans un discours resté célèbre aux Nations unies le 14 février 2003 a rappelé la "responsabilité particulière" des Etats-Unis et de l'Europe "au service d'un nouvel ordre mondial qui donne sa place à chacun".
"Il est temps aujourd'hui que les Etats-Unis et l'Europe regagnent ensemble le respect et l'admiration des autres peuples", a-t-il estimé. Face au désordre mondial, "la seule voie possible, c'est la coopération", a-t-il dit.
Le Premier ministre français a plaidé pour une "gouvernance mondiale qui donne sa place à chacun", plaidant notamment pour un élargissement du conseil de sécurité.
Dominique de Villepin a surtout insisté sur "l'urgence absolue" d'un règlement collectif des crises au Moyen-Orient. Présentant quelques "pistes de réflexion" pour la paix au Proche-Orient -et non le plan de paix annoncé un peu rapidement par son entourage-, il a souhaité que la communauté internationale rétablisse son aide directe au gouvernement palestinien dès son investiture par le parlement, prévue ce samedi.
Au delà, le Premier ministre français a invité la communauté internationale à "fixer un calendrier" incluant "des éléments de court terme" pour rétablir la confiance, comme la libération du caporal israélien Gilad Shalit, enlevé en juin dernier dans la bande de Gaza, le rétablissement par Israël des taxes au profit des Palestiniens et l'arrêt par ces derniers de leurs tirs de roquettes sur l'Etat hébreu, ainsi qu'un "cap pour le moyen terme".
Concernant l'Irak, il a réitéré sa proposition d'un retrait "d'ici un an" des troupes américaines pour "rétablir une vraie perspective politique".
Sur la crise iranienne, il a plaidé pour "l'engagement d'un vrai dialogue bilatéral" entre les Etats-Unis et Téhéran.
Ce voyage aux Etats-Unis, où M. de Villepin a été reçu jeudi à New York par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, a eu lieu à deux mois de son départ de Matignon, et alors que l'on s'interroge sur l'avenir personnel du Premier ministre. Il a déclaré lundi matin en annonçant son soutien au candidat de l'UMP à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy, vouloir servir la France "autrement et ailleurs". AP


